Présentation du concept DesBons

Bienvenue sur le site DesBons.com qui gère la communication autour du projet DesBons.

DesBons est un outil  qui permet aux médecins de croiser leurs carnets d’adresses professionnels. Le projet lui-même est accessible à l’adresse distincte  DesBons.fr

Pour offrir les meilleurs soins à nos patients, nous avons besoin de pouvoir les guider dans les domaines qui dépassent nos compétences.

Souvent, le réseau de confrères que nous tissons à partir de nos retours d’expériences est suffisant, notamment quand l’offre de soins locale est réduite. Mais pouvoir comparer ou conforter régulièrement son carnet d’adresse entre pairs nous paraît avoir un intérêt pour beaucoup de médecins, surtout lorsque le tissu médical régional est étoffé.

Nous sommes aussi confrontés à des patients qui déménagent et nous demandent conseil pour retrouver un suivi de qualité proche de leur nouveau domicile. Ces demandes constituent un thème fréquent sur les listes de discussions professionnelles.

Enfin, pour des affections rares ou éloignées de notre spécialité, nous n’avons pas la possibilité d’entretenir nous-mêmes un réseau de confrères très spécialisés faute de retours suffisamment nombreux. Notre premier réflexe est d’ailleurs d’appeler un confrère de la spécialité pour nous aiguiller vers l’expert recherché.

Amplifier notre capacité naturelle à échanger des informations

Les nouveaux outils de communication nous permettent d’amplifier notre capacité naturelle à dialoguer avec nos pairs pour échanger des informations. Ils élargissent considérablement le périmètre de nos connaissances.

Certes, c’est au prix d’une perte du contact direct, mais elle est  en partie compensée par l’augmentation de la quantité et de la densité de l’information, surtout si le traitement de cette information est pertinent. Cette évolution est comparable à celle de l’information thérapeutique : nous avons renoncé à nous fier exclusivement à notre jugement ou à celui de nos proches et nous faisons confiance au traitement statistique de nombreuses données dans le cadre des essais cliniques contrôlés. Il restait à créer des outils sociaux permettant d’intégrer la puissance des grands effectifs et des gardes-fous méthodologiques.

Avec mes associés Philippe Ameline et Dominique Sauquet, avons donc pensé que la mise à disposition d’un outil communautaire, réservé aux médecins, pourrait séduire ceux qui cherchent à améliorer en permanence le service qu’ils apportent à leurs patients. Cette démarche est peu différente de la recherche de l’amélioration des pratiques professionnelles, fondée sur la réévaluation des habitudes et la recherche des meilleures options diagnostiques et thérapeutiques disponibles.

Lutter contre les manipulations

Un accent particulier a été mis sur des mécanismes d’incitation à des recommandations sincères. Cet aspect a été détaillé dans un autre article.  Il est bien sûr fondamental. Nous avons imaginé de puissants outils permettant de décourager les comportements malhonnêtes, opportunistes ou biaisés. La perfection dans ce domaine n’existe, pas, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les systèmes actuels d’évaluation des soins ou des soignants sont perfectibles.

Vous trouverez ci-dessous une brève vidéo décrivant le  site DesBons, tel qu’il a été présenté le mercredi  7 avril 2010 à des conseillers nationaux de l’Ordre des Médecins et au congrès Health 2.0 Paris. Dans cette version, il est question de « prescripteurs ». Ce concept ambigu a été remplacé depuis par « pairscripteur« , néologisme qui a l’avantage de parler de lui-même.

Lien direct vers la version haute définition :  cliquez ici puis double-cliquez sur la vidéo qui s’affiche pour un mode plein-écran.

Ce projet  a été bien accueilli et il s’agissait surtout pour nous de prendre date. La nouveauté du concept soulève beaucoup d’interrogations, de questions, et de craintes quand à la déontologie médicale. Ces préoccupations sont aussi les nôtres.

Nous alimenterons progressivement une foire aux questions (FAQ) qui tentera de répondre aux questions les plus fréquemment posées.

Le site est en betatest et nous avons ouvert un débat public sur le principe de DesBons. Rejoignez-nous sur notre forum pour en parler, surtout si vous avez des critiques, qui nous intéressent particulièrement. Nous n’acceptons pas pour l’instant de candidatures spontanées de betatesteurs.

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Des recommandations subjectives ont-elles de la valeur ?

Après sa présentation officielle le 7 avril 2010 au congrès Heath 2.0, DesBons a suscité de nombreuses réactions. Elles sont tantôt encourageantes, tantôt dubitatives, et parfois hostiles.

Les réactions négatives touchent au concept de recommandation qui fonde DesBons.  Du groupe de pairs, il n’y aurait qu’un pas au réseau de copains, voire au réseau de coquins…

De  nombreux réseaux jouent un rôle fondamental dans la vie professionnelle, sociale ou politique. Leur image n’est pas toujours positive. Le réseau est souvent regardé comme une source de passe-droits, de favoritisme, d’influences occultes. Reconnaissons que cette vision n’est  pas toujours dénuée de fondement.

Nous avons été alerté très tôt de ce risque. Lors de notre réflexion préalable, nous avons analysé l’existant et notamment les pratiques nord-américaines. Une étude a été commandée en 2008 à Denise Silber, spécialiste du système de santé américain. Il y apparaissait clairement que les médecins n’accordent que peu de crédit à des systèmes fondés sur le recueil d’informations par des enquêteurs. C’est pourquoi nous avons beaucoup réfléchi aux mécanismes permettant de nous assurer de la sincérité des recommandations.

Nous n’avions pas souhaité initialement divulguer les mécanismes que nous avons imaginés pour contrer les déviances potentielles d’un réseau de recommandations. En effet, ces garde-fous concentrent l’essentiel de la valeur ajoutée de DesBons. Mais il apparaît clairement que nous devrons être un peu plus diserts sur nos outils pour éviter les procès d’intention.

A ce stade de la réflexion, nous souhaitons néanmoins faire remarquer que nous disposons d’un modèle concret et éprouvé : Google. Le célèbre moteur de recherche est fondé sur l’analyse systémique et subjective de l’information, des réseaux de liens qui unissent les documents, plutôt que sur l’analyse objective du contenu des pages.  Une des meilleures garanties contre la manipulation de son index est le secret volontaire qui entoure son algorithme de classement. Google n’a pas eu besoin de convaincre du bien fondé de son principe révolutionnaire : les résultats obtenus ont balayé les réserves. Même ceux qui critiquent la subjectivité de son classement l’utilisent au quotidien, tout simplement parce qu’il fonctionne mieux que les autres et en fait le preuve au quotidien.

Google a introduit une mesure subjective de la pertinence de l’information, en rupture avec la mesure objective qui prévalait dans les anciens moteurs de recherche. En effet, les anciens moteurs de recherche analysaient les pages pour y détecter les titres, les mots-clés, le nombre d’occurrences des mots cherchés. Le gros défaut de la mesure objective, c’est qu’elle est paradoxalement la plus facile à falsifier. Une fois la méthode connue, certains optimisent leurs pages pour obtenir un bon classement.

Or ce qui existait avec les moteurs de recherche « prégoogleliens » est la règle actuelle dans le monde de la santé : sous prétexte d’une évaluation objective, nous évaluons mal. Nous constatons tous le résultat de cette dérive dans les palmarès publiés régulièrement par l’Express ou Le Point.

Avec la mesure subjective, la manipulation des résultats est devenue paradoxalement beaucoup plus complexe car il est plus difficile d’influencer de nombreux auteurs que d’optimiser une page. La subjectivité (ou pairjectivité) qui est au coeur de DesBons représente donc un avantage et non un handicap. Cette puissance de la subjectivité est souvent difficile à accepter pour des esprits cartésiens.

Contrairement à Google, nous n’avons pas la possibilité d’utiliser des liens existants, et nous devons donc motiver des médecins pour créer ces liens et ce réseau.

Mais contrairement à Google, nous avons fait le choix de faire participer des acteurs clairement identifiés, ce qui diminue le danger de manipulation de l’index.

Comme Google, nous allons introduire de la rétroaction : les recommandations d’un médecin qui fait de bonnes recommandations auront un poids plus fort. Celles d’un médecin qui fait des recommandations suspectes auront peu d’impact. Reste bien sûr à définir le concept de « bonne recommandation » mais nous en reparlerons.

Comme Google, nous allons introduire de la récursivité : un médecin souvent recommandé aura plus de poids dans ses propres recommandations.

Comme commence à le faire Google et comme le fait Amazon depuis longtemps, nous allons tenir compte des recommandations d’un médecin pour lui proposer des confrères : Vous avez acheté ce livre, d’autres personnes qui ont acheté ce livre ont aussi acheté…

La synthèse accessible à chaque utilisateur lors d’une requête sera fortement personnalisée. Outre l’intérêt évident de trouver des correspondants avec lesquels ont est susceptible d’être en phase, cette personnalisation encourage la sincérité  : en falsifiant ses recommandations, le médecin utilisateur falsifierait le résultat de ses propres recherches.

Notre pari est qu’en intégrant des pondérations subtiles et en partie secrètes dans notre algorithme, nous allons faciliter un équilibre qui permettra l’expression d’un sociogramme riche en renseignements.

Une chose nous paraît néanmoins certaine : il n’y a rien, absolument rien de pire que l’évaluation du travail humain fondé sur l’analyse objective d’indicateurs prédéterminés. Prenez-vous donc au jeu : faites avec nous le pari de Desbons. Il n’y a rien à perdre et énormément à gagner en terme de repositionnement de l’Humain dans le soin et son évaluation.

Pour réagir à cet article, rendez-vous sur le forum.

La détection de la fraude par l’analyse des données ? L’exemple du Jeu en ligne
Les sites de Poker en ligne connaissent un grand succès. Il est tentant de tricher en se groupant à plusieurs à la même table et en manipulant les autres joueurs par des bluffs concertés. En pratique, c’est devenu quasiment impossible. En effet, des algorithmes mathématiques évaluent en permanence le comportement des joueurs. Un joueur qui fait preuve d’une réussite anormale lorsqu’il joue avec d’autres joueurs sera immanquablement détecté.
De même, un joueur qui aurait accès au jeu des autres est vite démasqué. C’est arrivé récemment : un ancien administrateur d’un site de Poker avait gardé des accès lui permettant de voir les cartes des autres joueurs.  Des aberrations inexplicables dans sa courbe de gains (en fonction de ses cartes et de celles des autres) ont permis de le démasquer. En pratique, il existe des outils puissants qui permettent de détecter les anomalies de comportement. Du fait de leur intérêt pour démasquer la fraude, ils sont peu médiatisés…
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